Simon Rayssac - Supports de masques rituels

Simon Rayssac : accolades multiples

Simon Rayssac et Lou-Andréa Lassalle : les fruits d’une collaboration

Lou-Andréa Lassalle a demandé à Simon Rayssac de concevoir les supports destinés à recevoir les masques qu’elle expose au Festival Auz’Arts 2015. Il s’agit donc d’une création originale pour le festival.

La collaboration entre deux artistes si affirmés et d’univers si différents est toujours un pari et un risque : les deux univers peuvent se contredire et s’annihiler, ou l’un peut prendre l’ascendant et étouffer l’autre. Mais c’est aussi une formidable opportunité de découvertes, de renouvellement, de renforcement réciproque et d’ouverture dont seul l’avenir pourra en juger les fruits.

En l’occurrence, cette collaboration inattendue est en concordance avec le concept de sérendipité utilisé sur ce festival Auz’Arts 2015 pour en promouvoir la créativité.

La confrontation de deux métaphores artistiques comme représentation de la dualité entre civilisation et naturalité

Pour la réalisation de ses supports, Simon Rayssac choisit la confrontation de deux métaphores artistiques représentant l’une notre civilisation urbaine, détachée, et l’autre la naturalité toujours présente de l’être humain.

Il reprend l’idée des mannequins des vitrines de vêtements. Ces mannequins, proposent une image à la fois idéalisée – corps ultra-mince introuvable – asexuée, couleur uniformément blanche, neutre, standardisée et anonyme, du corps féminin comme modèle de vitrine. L’objectif de ces mannequins en vitrine est de disparaître à la vue par rapport aux vêtements portés tout en suggérant au regardeur une identification à l’idéal plastique du mannequin dans le port du vêtement.

Cette métaphore du chic politiquement correct, civilisé, urbain, détaché, va, par opposition, mettre en exergue les masques rituels de Lou-Andréa comme autre métaphore, celle de la naturalité immémoriale de l’humain avec ses besoins cathartiques. Elle va par ailleurs conforter l’actualité temporelle des masques rituels de Lou-Andréa Lassalle.

Les accolades comme symboles de la complexe accroche entre civilisation et naturalité

Les mannequins de Simon Rayssac ne reproduisent pas le corps en entier : ils doivent rester des suggestions. L’artiste y ajoute, dans leur partie haute, de multiples accolades – « { » « } » – dans toutes les directions,  comme autant de cintres.

Les signes typographiques de l’accolade – « { » « } » – sont couramment employés en mathématiques, en informatique, etc. pour rassembler ou distinguer des éléments. Simon Rayssac les utilise de manière répétitive et symbolique dans toute son œuvre  « comme dispositif pour venir ponctuer, accrocher, dissocier, rassembler, exclure ». Dans les supports de masques leur multiplicité est le symbole de la complexité de l’interface entre les deux univers représentés, univers pas si disjoints dans notre quotidien.

Plus d’informations sur Simon Rayssac

Site web personnel de Simon Rayssac

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